Jonque Chinoise Traditionnelle

Jonques Chinoises Traditionnelles: Une Epoque Perdue

Jonque Chinoise à Hong Kong, Mai 1977. Photo reproduite avec l’aimable permission de Karsten Petersen© (Voir le site)

Les anciennes jonques Chinoises

Les textes Chinois anciens nous apprennent qu’aux environs 2700 BC, on construisait des jonques à double coque: des catamarans, stabilité et performance en haute mer améliorées. Telles en témoignent les peintures de caves Cro-Magnon au long de la côte d’Indochine. Au fil du temps, les jonques chinoises établirent un standard de construction inégalé en Europe jusqu’à vers la fin du seizième siècle.

Au début, les Chinois ne disposaient pas de tissus solides pour faire des voiles, ou parfois aussi, l’utilisation de tissus était interdite par des maîtres de guerre locaux (pour éviter sans doute que des citoyens aillent voir ailleurs et plus loin, si l’herbe était plus verte). Il ne restait donc, au fond du jardin que des feuilles de latanier pas bien résistantes, mais aussi par chance des bambous qui installés intelligemment sur la voile, la renforce sérieusement. Il est intéressant de noter que, même lorsque les Chinois purent obtenir des meilleurs tissus pour leurs voiles, ils n’en modifièrent pas la forme, car ils se rendirent compte très rapidement que la voile de jonque fonctionne très bien même avec des déchirures.

Les jonques Chinoises, pour tous ceux qui les ont vues dans le gros temps, et plus encore s’ils ont eu la chance de les utiliser, sont un sujet passionnant; et l’on est surpris du temps qu’il a fallu pour que nous arrivions à reconnaître les fantastiques performances de ce gréement. Alors que Slocleur le considérait déjà comme étant le plus commode du monde et que Hasler, après ses traversées de l’Atlantique Nord, prouva son efficacité et déclara que c’est un gréement extrêmement subtil et que plus il apprend à le manier, plus il lui parait raffiné.

En tant qu’ancien officier de la marine marchande Française, j’ai navigué les océans pendant 12 ans et j’ai souvent visité la Chine, l’Indochine et le Japon. Nous avions aussi le privilège de naviguer plusieurs fois à bord d’une jonque de 37M de Hong Kong à Formose – une jonque de commerce, bien entendu – qui transportait des balles de coton et du ciment, avec un coup de tabac à mi-navigation. Nous étions conquis, six noeuds de moyenne, une stabilité de carène et de route fantastique, et un près vraiment très honorable.

Plus tard, après avoir dessiné des cotres, sloops, goélettes et autres, qui me plaisaient bien mais ne satisfaisaient pas ma recherche en architecture navale, j’ai repris ce gréement qui m’avait tant impressionné. Les jonques Chinoises plus précisément qui, à mon avis, sont les plus belles (par rapport aux jonques Japonaises ou Thaïlandaises par exemple).

Photo reproduite avec l’aimable autorisation de Karsten Petersen© (Voir la page)

Simplicité et robustesse

  • Cloisons transversales divisent la coque en plusieurs compartiments étanches assurant un bon état de navigation
  • Fond de coque plat ou arrondi, généralement sans quille
  • Pas d’étrave proprement dit: Le bordé de fond se relève progressivement vers l’avant au dessus de la ligne de flottaison, ce qui donne un angle d’attaque très faible
  • La jonque se déplace donc plus par glissement que par division de l’eau
  • Gouvernail sur l’axe central, rétractable à l’aide d’un palan
  • Mâts souples, non haubannés et inclinés vers l’avant (inclinaison plus accentuée sur le mât de misaine)

Une particularité sur la jonque commerçante de Hong Kong était la présence de trous en forme de losanges sur le gouvernail « pour laisser passer l’eau, surement il doit y avoir une autre raison!

Photos ci-dessous: Chantier à Cheung Chau, Mai 1973. Photo reproduite avec l’aimable autorisation de Karsten Petersen© (Voir page)